Hommage à nos pionniers

Hélène Dugal, présidente et fondatrice de LAUDEM

 

Lors de la journée d’étude de LAUDEM, le 7 octobre 2010, un hommage bien mérité était rendu à Hélène Dugal, pour ses vingt années de dévouement à la cause du chant liturgique. À cette occasion, un très belle hommage, rédigé par Régis Rousseau, a été lu par notre collègue Pierre Grondines. Dans la transcription que vous lirez ici, nous avons conservé le caractère de spontanéité de ce discours.

 


Hommage à Hélène Dugal lu par Pierre Grondines

Rendre hommage à quelqu’un peut prendre différentes formes : on peut être grandiloquent et dithyrambique, on peut le faire avec légèreté ou humour, ou ça peut prendre une tournure plus personnelle. En acceptant de participer à cet hommage à la fondatrice de LAUDEM, je ne me suis pas demandé comment j’allais le faire, j’ai accepté d’abord parce que j’ai été flatté qu’on pense à moi pour une telle chose, un peu égoïstement peut-être. Ensuite est venu le plaisir de parler de quelqu’un que j’apprécie, mais non sans quelques appréhensions.

J’ai accepté avec plaisir, car c’est grâce à LAUDEM…
… que j’ai connu Hélène Dugal;
C’est grâce à LAUDEM…
… que tout un monde s’est un jour ouvert à moi, celui de la liturgie;
C’est grâce à LAUDEM…
… que j’ai toujours poursuivi sérieusement mon travail d’organiste liturgique, malgré les moments occasionnels de découragement, de questionnements… ou même de colère;
C’est grâce à LAUDEM…
… que j’ai rencontré plein de gens intéressants, d’ici et d’ailleurs, notamment de France et de Suisse;
C’est grâce à LAUDEM…
…que j’ai pu développer une belle amitié professionnelle et personnelle avec cette chère Hélène!
Du côté des appréhensions, je me suis dit…
… que bien d’autres personnes pourraient parler d’Hélène, la connaissant depuis au moins aussi longtemps que moi et peut-être mieux;
… que le fait de « parler de loin », d’écrire un hommage qui doit être lu par quelqu’un d’autre, implique un travail de réflexion pour que les mots reflètent bien la pensée, les mots ayant ainsi plus de portée… on dit bien que les paroles s’envolent mais que les écrits restent!
Et comme on ne veut pas décevoir la personne de qui on parle, on se met un peu de pression.

Mais voilà, il faut le faire et il vaut mieux que ce soit tout simplement, comme on est soi-même, parce que de toute façon, celle à qui on rend hommage, nous connaît bien aussi.

Nous célébrons aujourd’hui les 20 ans de LAUDEM. Peut-on célébrer notre association sans parler de celle qui en a eu l’idée? Celle qui en avait la vision? Peut-on regarder toutes les réalisations de LAUDEM, se rendre compte du magnifique travail d’éducation de plus d’un musicien ou d’un intervenant liturgique, de la transmission de tant de connaissances, de la notoriété acquise ici au pays mais également au sein du mouvement liturgique international? Peut-on être fier et heureux de tout cela sans souligner le dévouement, le don de soi et la persévérance de la fondatrice de LAUDEM?

Poser ces questions, c’est y répondre, bien évidemment! Vous serez sûrement d’accord avec moi pour dire que nous tous avons bénéficié des connaissances d’Hélène. Personnellement, c’est en la côtoyant assez régulièrement pendant plus de 10 ans à titre de vice-président au sein du Conseil d’administration de LAUDEM, et en travaillant sur différents projets pour notre association que j’ai vécu moi-même d’intéressantes expériences et que s’est développée une belle amitié professionnelle et personnelle.

Mais côtoyer Hélène Dugal n’est pas toujours de tout repos! À quoi peut-on penser si on évoque cette femme de tête, cette femme de passion qui vit et travaille intensément, et qui s’attend à ce que son entourage fasse de même? J’ose nommer quand je pense à elle : exigence, rigueur, minutie, esprit, verve, promptitude,… et impatience peut-être… Oui, mais c’est normal quand on a soif de connaissance, de compétence et d’intelligence. Quand je pense à Hélène, je pense aussi au dévouement dont elle fait preuve, à son pouvoir de conviction, à sa sensibilité, à ses émerveillements devant les belles choses de la vie, au grand respect de l’être humain,… à sa foi!

C’est tout cela qui fait Hélène, c’est tout cela qui fait qu’elle a pu fonder notre association, qu’elle a pu réaliser un rêve qu’elle portait en elle. Je nous invite à ne pas oublier que LAUDEM est l’œuvre d’Hélène Dugal, une œuvre bâtie au long de plusieurs années et avec de nombreuses personnes bien sûr, mais qui, à l’image d’un bel édifice, d’une cathédrale, peut encore être là longtemps, si on l’entretient bien.

Chère Hélène, accepte ces quelques mots de félicitations, cet hommage mérité que plusieurs souhaitent te rendre aujourd’hui. J’aurais beaucoup aimé être à tes côtés, mais cette semaine était la seule où je pouvais m’absenter pour de courtes vacances à Paris. Tu comprendras sûrement mon choix…

J’aimerais terminer mon humble hommage en racontant cette récente anecdote, un peu amusante… Hélène donnait l’été dernier un récital d’orgue à la Cathédrale de Chicoutimi, dans ma région natale où je suis retourné vivre et travailler depuis deux ans. Après cette belle soirée musicale, Hélène et moi sommes allé prendre un verre, pour clore agréablement la journée et surtout reprendre contact, discuter et échanger comme auparavant. Nous avions eu de la difficulté à trouver un restaurant ouvert à cette heure-là, un mardi soir, et nous étions finalement sur la terrasse d’un genre de pub et brasserie artisanale. La « faune » qui s’y trouvait n’était pas notre entourage habituel, plus jeune évidemment, mais sans toutefois être déplacée. Quelle ne fut pas notre surprise quand un jeune homme, passant près de notre table, s’arrête brusquement et dit à Hélène : 
- Wow! C’est vous qui avez donné le "show" ce soir?
Nous restons bouche bée quelques secondes puis je demande : 
- Vous voulez parler du concert d’orgue à la Cathédrale? 
- Oui, répond-il, c’était "super hot" de vous entendre et de vous voir sur grand écran, les pieds et les mains. Continuez de même madame, termine-t-il, en posant sa main sur l’épaule d’Hélène.

N’est-ce-pas qu’on peut toucher les gens de bien des façons, et même sans nous en rendre compte, parfois? C’est donc ainsi que j’ai voulu évoquer Hélène, aujourd’hui. Je vous invite tous à faire de même, à ajouter vos impressions, vos commentaires, vos souvenirs à cet hommage.

Merci Hélène, je t’embrasse,
Régis Rousseau

 

Sylvain Caron

 

Toujours lors de cette journée d’étude du 7 octobre 2010, on profitait aussi de l’occasion pour souligner l’immense apport de Sylvain Caron à titre de membre du conseil d’administration de LAUDEM, de même que comme directeur artistique des Éditions Laudem. Voici le texte de l’hommage que lui présentait Jean-Pierre Couturier.

Cher Sylvain,

À la lumière du bel hommage à Hélène Dugal que lui adressait Régis Rousseau, il est aisé de percevoir les qualités de ceux qui l’auront soutenue tout au long de ces années : ouvert au monde de la liturgie, poursuivant avec intérêt et sérieux les progrès dans ce champ d’activité, entretenant une amitié professionnelle et personnelle avec celle qui est l’âme de LAUDEM.

Les belles et nombreuses qualités d’Hélène te conviennent tout autant, et il est donc de mise d’en répéter un bon nombre à ton sujet : exigence, rigueur intellectuelle, minutie, esprit, verve, dévouement. Le dévouement sans infidélité que demande celle qui a porté LAUDEM jusqu’à son 20e anniversaire.

J’aimerais ajouter aux qualités d’Hélène dont Régis Rousseau brossait un tableau bien détaillé, le don de s’être entourée de valeureux collaborateurs dont tu es, cher Sylvain, l’exemple suréminent. Les Éditions Laudem ont bénéficié de ton dévouement, pour la plus grande joie de tous les membres depuis dix années. Je t’exprime, au nom de tous, notre profonde reconnaissance pour tout ce travail accomplie dans la discrétion, tel un moine dans son scriptorium.

Tes fonctions de doyen de la faculté de musique de l’Université de Montréal ne te permettent plus de poursuivre ce travail de la direction artistique des Éditions Laudem et de Webmestre de notre site. C’est dire le soin et la générosité que tu mettais à ces tâches. Et la confiance que te manifeste l’Université de Montréal confirme les qualités exceptionnelles que nous te connaissons. Merci pour tout ce temps et cette ardeur accordés à la belle et grande mission de LAUDEM.

Jean-Pierre Couturier

 

In memoriam - Joëlle Rousseau

Nous avons le regret de vous annoncer le décès de notre chère Joëlle Rousseau, qui a oeuvré activement au service de LAUDEM depuis 2001. Directrice administrative de Éditions Laudem, elle soutenait également les opérations liées à la comptabilité, au registre des membres et à la Revue Laudem.